Blanchiment de la peau, attention danger!Le blanchiment de la peau ou l’éclaircissement de la peau n'est pas seulement un phénomène qui touche les africaines, beaucoup de maghrébines succombent à cette tentation. La faute à une société qui valorise à travers la publicité, les mannequins « à la peau claire », et des belles-mères qui érigent la clarté de peau en canon de beauté. Pour preuve, ces jeunes femmes qui se privent de sorties à l'approche de leur mariage pour se préserver du soleil, ou celles qui recherchent via des forums de discussions, conseils et noms de produits blanchissants. Un vrai problème de santé public car de nombreux produits sont toxiques.
« Salut les filles, auriez-vous des recettes pour blanchir la peau, merci. » Un message laconique qu’on peut retrouver sur un site à grande fréquentation maghrébine. Les deux pages de réponses, tantôt sérieuses, tantôt comiques ou parfois interrogatives atteste de la méconnaissance de ce phénomène. Et pourtant Nelleza n'est pas la seule à rechercher la solution miracle, de nombreux posts pullulent sur le net, avec des conseils parfois dangereux.
Chaque jour, elles sont des milliers de femmes à s’appliquer des crèmes ou des cocktails maisons éclaircissants, à base d’eau de javel, de corticoïdes. Une pratique vieille d’un demi-siècle, jugée préoccupante par les milieux médicaux.
Pour y voir plus clair, direction donc un samedi après-midi, au métro Château d’eau à Paris. Une foule hétéroclite se presse sur le boulevard principal, où trouve le cœur du « black beauty business » : centres de soin, coiffeurs, magasins de beauté. Beaucoup proposent le même étalage de marchandises, des gammes complètes de produits éclaircissants : savons, laits corporels, crèmes….
Dont certains sont pourtant interdits en France car contenant plus de 2% d’hydroquinone. Cette substance chimique est en effet utilisée pour le développement photographique, son usage en médecine est d’ailleurs interdit en Union Européenne depuis février 2001, pour ses effets cancérigènes supposés.
Une interdiction qui n’émeut pas plus que cela Eric, gérant et vendeur : « je pars du principe que tant qu’il y a de la demande, il y a de l’offre, je ne racole pas les clientes, elles viennent d’elles-mêmes »
Une clientèle en grande partie, noire, « mais j’ai aussi des maghrébines et une minorité d’asiatiques » confesse le pétulant jeune homme, au teint caramel. Rentrée dans le magasin au cours de la discussion, dont elle a saisi quelques bribes, Najet, venue chercher une solution miracle, mais prenant peur, repartira bredouille au grand mécontentement d’Eric.
Heureusement, une quadra au visage criblé de tâches brunes, pousse la porte de la boutique. Au premier abord, difficile de distinguer s’il s’agit d’une antillaise ou d’une maghrébine. D’abord très réticente à aborder le sujet, elle n’accepte de se raconter qu’à condition que son prénom soit modifié. Arrivée, il y a vingt ans du Maroc, Karima invoque pour expliquer son geste, le poids des traditions : « Chez nous, au Maghreb, plus tu as la peau claire, plus tu es considérée belle. Les femmes les plus claires sont les plus riches, quand tu es foncée, c’est parce que tu travailles aux champs. » Pendant des années, elle achètera donc des produits bons marchés, une addiction dont elle tente aujourd’hui de guérir, en diminuant progressivement.
« Cela n’est en rien anecdotique, j’ai moi-même une amie marocaine qui me raconte que les mères incitent leurs fils à épouser des femmes au teint clair », confirme Khadi Sy Bizet, médecin esthétique, spécialisée dans les problèmes dermato-esthétiques des peaux noires et métissées et auteure du livre « La beauté noire »(1).
Avec une énergie et une passion jamais démenties, Khadi Sy Bizet a fait depuis son cabinet du 19ème arrondissement de Paris, la prévention de ce fléau, son cheval de bataille.
Si ses patientes maghrébines ne la questionnent pas aussi directement que ses patientes noires, sur le blanchiment de la peau, elle en soigne beaucoup pour des tâches brunes sur le visage. « Beaucoup de femmes l’ignorent, mais les produits qu’elles achètent contiennent des corticoïdes qui à court terme provoque une atrophie de l’épiderme », explique-t-elle. Mais pas seulement, quand les corticoïdes sont pris à haute dose, elles influent sur l’état général avec le risque de développer de l'hypertension, du diabète, un cancer de la peau, une insuffisance rénale, la perturbation du cycle menstruel ou encore des problèmes osseux car les corticoïdes empêchent la consolidation des articulations. En visite, les derniers jours de janvier, au souk de « Djanet » dans le désert algérien, elle tombe avec stupéfaction sur de nombreux étalages proposant des crèmes éclaircissantes : « Je me suis dit, ce n’est pas vrai, même au fin fond du désert, je retrouve ces maudites crèmes. Le fantasme de la femme blanche existe donc partout ! » Des maghrébines plutôt sous influence de leur mère et de leur belle-mère :
Soucieuse de faire paraître à leur avantage, leur fille, le jour de leur mariage, certaines mères n’hésitent pas multiplier les recommandations. C’est le cas de Jasmine, jeune tunisienne : "Je ne suis pas très mate de peau, mais je ne suis pas blanche neige non plus » avoue la jeune femme avec beaucoup humour. "
Pourtant le mois précédent son mariage en Tunisie, et malgré le beau temps, sa mère lui impose de ne porter que des manches longues : « attention, tu vas bronzer, il faut rester blanche pour le mariage! » lui assène-t-elle sans relâche. Arrivée en Tunisie, une semaine avant le mariage, Jasmine est confinée à la maison, «je ne sortais que pour les essayages de robes! Mes grands-parents habitent juste en face de chez nous, à peine dix mètres séparent les deux maisons, et pourtant, je n'y allais pas en journée. Tout le monde me disait de me cacher du soleil! Même ma belle-mère! » Pour un résultat à la hauteur des souhaits de sa mère : « j'étais très blanche le jour de mon mariage ». Un complexe postcolonial ?
Un culte de la blancheur qui trouve pour de nombreux psychologues, ses racines dans l’esclavagisme et la colonisation. Pour Ferdinand Ezembe, psychologue à Paris, spécialisé dans la psychologie des communautés africaines : « Cette attitude procède d’un profond traumatisme postcolonial. Le blanc, symbolisé par sa carnation, reste inconsciemment un modèle supérieur. Pas étonnant dans ces conditions qu’un teint clair s’inscrive effectivement comme un puissant critère de valeur dans la majeure partie des sociétés africaines. D’ailleurs, ce sont les pays aux passés coloniaux les plus brutaux qui affichent le plus une attirance pour les peaux claires. »
De nombreuses adeptes du blanchiment de la peau prennent pour contre-exemple, ces occidentales qui veulent bronzer à tout prix malgré de nombreuses campagnes de prévention : Mince et bronzée en Occident, ronde et blanche au Maghreb, les canons de la beauté s’inversent… Bronzage intensif ou blanchiment de la peau, les deux phénomènes sont pourtant liés, ils provoquent tous deux le cancer de la peau. (1) Le livre de la Beauté noire, éditions J.C. Lattès, avril 2000 Nadia Hathroubi-Safsaf Jeudi 6 Mars 2008
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Bioderma sébium AI : La gamme bioderma est parfaite pour les peaux sensibles et/ou allergiques. Mais justement, peut-être trop douce pour soigner des imperfections. Douce et légère à l’application. Je n’ai pas vu d’effet sur les boutons, elle est toutefois assez hydratante. Mais ce n’était pas ce que je recherchais !
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