Cheb Tati, en toute authenticité

Cheb Tati, de son vrai nom Hammadi Hadefi était prédestinait à faire une carrière de chanteur. Il naît et grandit à Oran, dans le quartier M’dina Jdida, réputé pour ses joutes poétiques entre Cheiks au verbe subtil et Meddah, chantres du sacré. Mais Oran, c’est aussi ces petits bars où l’on écoute « le gharbi », les airs andalous. C’est en tapant sur les casiers de son école que Cheb Tati se découvre une passion pour la musique. Ces amis le poussent alors à chanter pendant les mariages, les fêtes de circoncision. A Oran, il enregistre ses premières cassettes, gratuitement…
Un passage obligé au Maghreb où tous les jeunes artistes alimentent le compte en banque de producteurs pas toujours scrupuleux. Décidé à conquérir le monde, il s’installe dans un premier temps à Alger (1982), et chante dans une boite connue la Z’RIBA, avec entre autre Khaled, l’autre star du RAÏ. L’expérience dure moins de deux ans. Parallèlement, il enregistre d’autres chansons. Mais parce qu’il n’existe pas de réel statut d’artiste en Algérie dans les années 1980, il s’envole pour Paris.
Auteur, compositeur, interprète, Cheb Tati propose un Raï authentique, loin des standards des maisons de disque dans son nouvel album New Raï
Rencontre avec un artiste libre…



Cheb Tati, en toute authenticité
Pourquoi avoir décidé de quitter l’Algérie ? Que recherchiez-vous en France ?

Quand j’ai quitté Alger, c’était d’une part pour acquérir un vrai statut d’artiste, avoir des droits…
L’autre raison est que j’avais réellement envie que ma carrière décolle, à l’époque, le Raï est un sujet tabou, aucun artiste ne passe à la télévision ou la radio et il était inconcevable d’écouter cela en famille. On parlait d’amour, de sentiments, directement, cela ne plaisait pas à certaines personnes bien pensantes.
Il y avait la censure d’un côté et un blocage de l’autre. Dans ce cas, il restait plus qu’à partir. J’arrive à Paris vers fin 1983, début 1984.


La France a t’elle répondu à vos espérances ?

Comme souvent pour les artistes, j’ai galéré, j’ai couru après le cachet, je me suis produit dans des bars, des cabarets. J’avais ramené avec moi des cassettes que j’avis enregistrés à Alger et Oran. J’ai écrit d’autres chansons, enregistré d’autres cassettes vendues à Barbès. Pas gratuitement cette fois mais pour des sommes dérisoires.
En 1989, un producteur Marc Antoine Chetata me remarque dans une boite, et m’offre la possibilité de sortir un album, El Hammam (le bain maure) avec la complicité de Denis Boval chez Blue Moon Production.
Grâce a cet album, bien accueilli, j’ai fait le tour du monde : Etats-Unis, Canada, Italie, Allemagne…
Et surtout ma carrière a décollé. J’ai sorti deux albums en 2000 en auto-production, distribué par Aladin le musicien et un autre en 2001, lui distribué par Culture presse.



Etrangement, on vous retrouve en 1996 dans un duo avec un chanteur traditionnel japonais Koni Moto, c’est assez inattendu non ?

Pourquoi inattendu ? j’aime prendre des risques et me démarquer, cela ne me fait pas peur surtout s’il s’agit de culture et d’échange.

Parlez-nous de votre expérience japonaise

Je ne suis pas resté longtemps à chaque voyage, et je suis allé trois fois seulement, mais un fois le duo termin, é on m’a sollicité pour un autre album dans une maison disque (JVC)
Il s’est bien vendu au Japon et Angleterre, mais il est sorti presque anonymement en France. Il était vendu un peu trop cher, parce que ce n’était une exportation.
De retour en France, j’ai fait un titre sur le BO du film « Vampires au Paradis. »



Quand on parle de Raï en France, on pense souvent à Khaled, Faudel, comment vous positionnez-vous face à ce Raï commercial ?
Il faudrait laisser sa chance à des artistes moins médiatisés. Beaucoup d’artistes galérent alors qu’ils ont des voix magnifiques et des textes à message. Le Raï peut être chanté par n’importe quel chanteur, de n’importe quel pays, aujourd’hui, il y a de très bons chanteurs tunisiens, marocains, mais le Raï restera une culture algérienne. Le problème c’est que les maisons de disque imposent pas mal de choses, il y moins d’indépendance pour les artistes, c’est pour cela que le Raï perd de ses origines.
J’impose mes musiques, je suis d’accord pour faire des concessions mais je refuse de dénaturer ma musique.



Quel avenir selon vous pour le Raï, dont beaucoup disent qu’il est moribond ?


C’est vrai que depuis des années, il y a beaucoup de gens qui disent : le Raï est mort, le Raï stagne, mais ce n’est pas vrai. C’est comme le reggae, il survit. Ses deux genres mêlent les mêmes thèmes, ce sont des cris d’amour, de joie, de malheur. Ce n’est pour rien que j’ai travaillé sur mon album avec Denis Boval, un jamaïcain. Qui dit jamaïquain dit reggae !
Il faut plus de recherche dans les paroles. Je suis en tous cas heureux quand je vois des jeunes beurs qui maîtrisent mal la langue chanter quand même. Ils ont eux aussi des messages, c’est ceux qu’il faut mettre en avant.



Dans votre nouvel album, auquel participe le groupe Arabesque, pourquoi mêlez-vous reggae, airs hispaniques ?

Dans la culture du Raï, la rythmique est reggae mais avec d’autres sonorités. Dans la musique andalouse, il y a une âme, et ce mélange donne à la fois un sentiment de douleur mais aussi de joie extrême.
Mais cette idée, je ne l’ai pas eu seul, j’en parle avec les musiciens, on fait des essais, on voit si ça colle.

D’où le titre de New Raï ?

Il n’y a jamais eu à ma connaissance de mélange de Raï et de musique hispanique. C’est aussi ne façon de me démarquer. Le public est surtout la nouvelle génération qui me connaît moins bien. Alors un album Raï avec des influences hispaniques, pourquoi pas ?


Justement d’où viennent vos influences ?

De chanteurs et poète algériens, les regrettés Ahmed Wahbi, Blaoui El Houari, Ben S’Mir, Benzarga. D’ailleurs aux deux premiers, je rends hommage dans mon album.
Quand ils chantent, c’est de la poésie. Je me suis inspirée de cette poésie pour faire du Raï.

Quel lien gardez-vous avec l’Algérie ? Vous y retournez souvent ?

Pendant 10 ans je ne suis pas retourné chez moi, j’écoutais les médias, puis la mort de Cheb Hosni et Matoub Lounès ont fait qu’alimenter cette peur du retour.
Puis la venue de Bouteflika, son discours m’ont rassuré. Je suis descendu l’année dernière pour un festival de Raï au mois d’août à Oran, c’était magique. J’ai été très bien reçu par le public, la presse algérienne.
Dans mon prochain album, j’ai écris une chanson où je dessine l’Algérie, je décris le drapeau. Et surtout j’émets le vœu qu’elle redevienne comme avant, sans terrorisme.


Et sans tremblement de terre, Cela ne vous agace pas que l’on parle de l’Algérie que quand tout va mal ?

Vous rentré dans la politique, moi je ne fais pas de politique. En tout cas cela fait 10 ans qu’ils souffrent, et nous avec eux. Notre cœur, même si on vit ici, il est là-bas.
C’est pour cela qu’il faut participer, assister aux concerts de solidarité, comme celui du Zénith à Paris au mois de mai. J’espère à nouveau participé à celui de Bercy prévu en septembre ou octobre.


Quel message voulez-vous véhiculer ?

Un message de paix, de sagesse et d’amour. Quand on fait un concert, les gens viennent pour s’amuser, danser, faire des rencontres. Depuis la scène, je vois les drapeaux algériens, marocains, tunisiens, réunis. Alors je me disque j’ai réussi mon pari, rapprocher les Maghrébins.

Nadia Hathroubi-Safsaf

Jeudi 25 Mai 2006

Actualités | Rencontres | Le saviez-vous?


La guerre des boutons

A 30 ans, mon corps oscille allègrement entre la jeunesse et la vieillesse : Acné et cheveux blancs ? Je croyais que c’était incompatible, anachronique même! A l’âge où les gens remarquent leurs premières rides, moi je guette encore les boutons. Je viens tout logiquement vous parler des crèmes sur le marché. J’ai testé pour vous (enfin d’abord pour moi) quelque uns des produits les plus connus : Vichy Normaderm, Ducray Keracnyl, Bioderma Sébium AI et Avène Triacnéal.

La guerre des boutons
Bioderma sébium AI : La gamme bioderma est parfaite pour les peaux sensibles et/ou allergiques. Mais justement, peut-être trop douce pour soigner des imperfections. Douce et légère à l’application. Je n’ai pas vu d’effet sur les boutons, elle est toutefois assez hydratante. Mais ce n’était pas ce que je recherchais !



12/12/2010

Noël solidaire

A l’occasion des fêtes de fin d'année, faites un geste solidaire et généreux en décorant votre sapin avec la boule de Noël de la nouvelle collection Unicef.

Noël solidaire
Cette boule en verre soufflé est peinte de l’intérieur par des artisans, grâce à une ancestrale technique chinoise. Les dessins sont exclusivement élaborés pour l’UNICEF. Elle est livrée dans sa boite cadeau.


Nadia Hathroubi-Safsaf
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