Harragas: « Il s’agit avant tout d’êtres humains »

Après "Omar Gatlato", "Salut cousin", "Bab El Oued" en passant par "Chouchou" et "L’autre monde", le célèbre réalisateur algérien Merzak Allouache est de nouveau à l’affiche avec "Harragas". Un film qui met des visages sur ces « brûleurs »qui tentent la grande traversée. Sortie prévue le 20 février. Rencontre.



Le septième art s’est récemment emparé de l'immigration clandestine. Quand et comment vous est venue l'idée de faire un film sur ce sujet ?

Harragas: « Il s’agit avant tout d’êtres humains »
J’ai commencé à m’intéresser au phénomène des nouvelles routes de l’immigration clandestine il y a déjà quatre ou cinq ans. J’avais tourné un téléfilm pour ARTE, «Tamanrasset » sur l’odyssée des clandestins subsaharien qui traversent l’Algérie et le Maroc pour essayer de passer en Espagne.

Derrière la vie de Nasser, Rachid, Imène et les autres se cache un message? Peut-on parler d'un film politique?

Je me considère comme un cinéaste qui a une espèce de devoir d’engagement. J’observe la société dont je suis issu et je témoigne lorsque je peux. »
À travers mes témoignages, et depuis mon premier film, il y a toujours des messages qui se glissent, mais j’aime raconter des histoires, parler de personnages, de situations...
Dans Harragas, il y a un double message. Le premier s’adresse aux spectateurs algériens et Maghrébins qui connaissent parfaitement le problème. Un message qui n’est pas moralisateur, mais qui pointe du doigt le phénomène. Le deuxième s’adresse aux Européens qui ne mesurent peut-être pas assez le drame qui se joue à leurs portes. Là je veux montrer des personnages de chair et d’os avec leurs joies et leurs peines. Des personnages qui ressemblent à d’autres jeunes à travers le monde mais que le hasard a fait naître dans un pays du sud. Ce double message n’existe que pour inciter à la réflexion.


Le film a-t-il été projeté en Algérie ? Appréhendez-vous les réactions ?

Pour l’instant, le film n’a pas encore été projeté en Algérie. Mais il s’agit d’une coproduction Algéro-française. Le Ministère Algérien, après avis favorable d’une commission de lectures de scénarios, m’a accordé une aide financière. Le film devrait normalement être diffusé en Algérie. Je n’appréhende pas les réactions car depuis quelques années tous mes films sont controversés en Algérie. J’y suis habitué et je défendrais Harragas si le besoin s’en fait sentir.

À l'avant-première du Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier, vous avez dit: "le but de ce film n'est pas de répondre à la question du pourquoi"

Harragas: « Il s’agit avant tout d’êtres humains »
Je pense que tout le monde est au courant des raisons multiples qui poussent de plus en plus de gens à quitter leurs pays pour vivre mieux ailleurs. « En tournant Harragas, j’ai simplement voulu mettre des visages, de l’émotion sur ce qui est vu à la télé comme un alignement de chiffres, de statistiques égrenés par les journaux télévisés. Pour moi il s’agit avant tout d’êtres humains. D’un suicide collectif d’êtres humains désemparés devant ce que leur offre la vie.

L'issue du voyage semble être toute tracée: vision pessimiste, vision réaliste ?

J’ai travaillé sur la base d’une enquête qui a révélé le mal profond et l’absence de solution. C’est donc une vision réaliste que j’offre dans ce film. Et malheureusement, on ne peut qu’être pessimiste face à ce phénomène tragique.

Malgré des évènements graves, le film prend le parti de ne jamais tomber dans le dramatique, le sentimentalisme…

Harragas n’est pas un mélodrame, tel que nous les fournissent les chaînes de
télé arabes à travers leurs séries ramhadanesques. C’est un film réaliste, noir, sans détours ni fioritures, qui a été construit dans la sobriété du récit, en évitant la démagogie.

Comment ont été choisi les acteurs?

J’ai lancé le casting à Mostaganem, dans la ville où j’ai tourné. C’est à partir des criques de cette région que partent de nombreux harragas et là-bas, tout le monde connaît parfaitement le problème. Les acteurs issus pour la plupart du théâtre amateur connaissent tous une multitude d’histoires et d’anecdotes concernant les traversées clandestines en barque.

On devine à travers les personnages, un paradoxe entre amour et dégoût du pays

Il y a évidemment chez ces jeunes qui partent un sentiment contradictoire. Qui n’aime pas son pays ? Surtout un pays aussi beau que l’Algérie. « Le problème, c’est de vivre mal dans un beau pays. Ces jeunes ne fuient pas un pays, ils fuient la mal vie. » C’est cette mal vie que je condamne. D’autant que l’Algérie, pays riche, a les moyens d’offrir un quotidien heureux à ses enfants.

Vos films ont un point commun. Ils racontent la vie de la jeunesse algérienne à travers des époques différentes. La jeunesse d'aujourd'hui a-t’elle des rêves différents de celle d'hier ?

i[La situation des jeunes issus des couches populaires en Algérie est préoccupante. Et ce qui me choque c’est le manque de perspectives. Tout est figé. Depuis mon premier film, Omar Gatlato, j’ai l’impression d’avoir affaire aux mêmes jeunes avec les mêmes problèmes, dans le même environnement. « La seule différence entre les années 70 et aujourd’hui, c’est qu’il était plus simple de partir et aussi de revenir. Aujourd’hui, il n’y a plus de choix.

Propos recueillis par Manon L’Hostis Elhadouchi

Jeudi 18 Février 2010

Nouveau commentaire :

Spectacles: nos coups de coeur | Livres: nos coups de coeur | Cinéma: nos coups de coeur | DVD: nos coups de coeur | CD: nos coups de coeur


La guerre des boutons

A 30 ans, mon corps oscille allègrement entre la jeunesse et la vieillesse : Acné et cheveux blancs ? Je croyais que c’était incompatible, anachronique même! A l’âge où les gens remarquent leurs premières rides, moi je guette encore les boutons. Je viens tout logiquement vous parler des crèmes sur le marché. J’ai testé pour vous (enfin d’abord pour moi) quelque uns des produits les plus connus : Vichy Normaderm, Ducray Keracnyl, Bioderma Sébium AI et Avène Triacnéal.

La guerre des boutons
Bioderma sébium AI : La gamme bioderma est parfaite pour les peaux sensibles et/ou allergiques. Mais justement, peut-être trop douce pour soigner des imperfections. Douce et légère à l’application. Je n’ai pas vu d’effet sur les boutons, elle est toutefois assez hydratante. Mais ce n’était pas ce que je recherchais !



12/12/2010

Noël solidaire

A l’occasion des fêtes de fin d'année, faites un geste solidaire et généreux en décorant votre sapin avec la boule de Noël de la nouvelle collection Unicef.

Noël solidaire
Cette boule en verre soufflé est peinte de l’intérieur par des artisans, grâce à une ancestrale technique chinoise. Les dessins sont exclusivement élaborés pour l’UNICEF. Elle est livrée dans sa boite cadeau.


Nadia Hathroubi-Safsaf
Sondage
La cause des femmes est-elle en régression ?