IAM, L'école du Micro Beton



IAM, L'école du Micro Beton
« Vieux, usés, fatigués » ? Ces qualificatifs qu'un certain Lionel avait adressés à un autre Jacques, avaient fait l'effet d'une bombe dans le milieu politique. Qui voudrait les réutiliser, dans le milieu de la culture, pour les soldats d'IAM peut passer son chemin. « Saison 5 » souligne que malgré le succès, les années qui passent et les nouvelles modes, les bases de notre culture Hip Hop n'ont pas été oubliées par Akhénaton, Shurik'N, Freeman, Imhotep et Dj Kheops. Rencontre exclusive avec toute la famille : on discute musique, valeurs, solidarités, inégalités, et politique.

Alors ce « Saison 5 », c'est l'album du plaisir ?
Akh : Dès la première question, tu as compris la motivation et le but principal ! Pour nous, c'était renouer ave un album beaucoup moins cérébral, mais beaucoup plus instinctif, beaucoup plus axé sur le fait de prendre du plaisir dans ce qu'on fait. D'ailleurs, la mini tournée qui a précédé la sortie de l'album participait de cette volonté d'aller vers ce qui est bien pour nous, c'est-à-dire le contact avec les gens, avec la scène, les sourires, la musique. Peut être qu'on voulait de mettre de côté toutes ces considérations numéraires du marché du disque … Ca, ça fait pas rêver du tout !
Imhotep : je dirai que ça a toujours été le moteur dans notre créativité, c'est le plaisir. Avec ça, on rajoute un ciment qui est l »humour, et ça se complète assez bien. Pour donner du plaisir et du rêve aux gens, il faut que nous même, on se donne du plaisir et du rêve. A un moment donné, faut pas se prendre au sérieux, et les pieds sur terre.

Avec la maturité, est-ce de plus en plus difficile de refaire … simple ?
Imothep : C'est une phrase empruntée à Bashung : « Il n'y a rien de plus compliqué que de faire simple », que ce soit en musique ou en terme d'écriture, c'est le même problème. Il faut pouvoir dire en peu de notes et en peu de mots, l'essentiel.
Akh : Se limiter dans le temps, c'était déjà pour nous une véritable démarche vers la simplicité, parce qu'en fait, quand tu te mets des impératifs de délais, je pense qu'automatiquement tu te cales sur les objectifs essentiels, et sur un mode de travail beaucoup plus relevé. C'était vraiment à l'instinct, aller par réflexe vers le morceau, et pas par calcul. C'est vrai que ça nous permet de renouer avec les basiques d'IAM, qui ont fait les succès d'un album comme « L'école du Micro d'Argent », qui a été fait complètement en 1 mois et demi.

Une nouvelle maison de disque, ça change quelque chose à votre travail ?
Imothep : Ca change forcément quelque chose dans le sens où, avec la précédente, on ne s'était pas quitté en très bons termes. C'est vrai que c'est un peu dommage quand on travaille avec une maison de disques que tout le monde ne travaille pas dans le même sens, et qu'on sent pas la motivation de l'équipe à défendre un album. C'est vrai qu'on s'est un peu épuisés dans des conflits stériles, dans des négociations interminables … Et malheureusement ou heureusement, quand on est un artiste ou un groupe « signé », à un moment il faut vendre du disque. Et la synergie entre une maison de disque et les artistes sont ici très très importantes. A ce moment-là on a eu la chance de ne pas tomber sur des inconnus, mais on a signé chez des gens qu'on connaissait plus ou moins, et c'est vrai que la dynamique, elle y est. On est dans l'euphorie du début, on va voir comment ça se passe, mais ça nous change … On a écrit une page, et on était content de la tourner.
Akh : Ne serait-ce que de ne plus se placer dans une ambiance conflictuelle, dans le bras de fer, dans la lutte pour ses idées … C'est fatigant pour un artiste. Je pense que l'artiste doit se placer dans d'autres sphères, pour créer du rêve. Au bout d'un certain temps, c'était à celui qui criait le plus fort : c'est fâcheux d'en arriver là. Pourtant, il y avait de très bons éléments. Mais être systématiquement confrontés aux chiffres, c'est logique dans toute entreprise, et c'est dommage, aujourd'hui, les chiffres précèdent les lettres.

IAM a toujours été un groupe solidaire et cohérent : c'est quoi le secret ?
Akh : C'est toujours le même fonctionnement, les mêmes vannes, les mêmes conneries, le même détachement, le même recul. L'attitude des membres du groupe dédramatise le métier. On est assez détachés de la conception du métier à l'américaine, où le job passe avant la famille. On fait passer d'autres valeurs avant le métier, comme la passion, la passion de la musique. Si on devait définir le groupe, on pourrait dire que c'est un groupe qui se respecte. En se respectant, automatiquement, tu en viens à respecter les autres. Tu sais, l'égoïsme peut être très positif parfois. Ce qui est très différent de l'égocentrisme : l'égoïsme, c'est effectuer des actions pour soi-même. Et pour moi, c'est la base de la création dans l'art. On cherche à se satisfaire soi-même, à se prouver quelque chose. Quand on se respecte et qu'on respecte ses goûts et ses convictions, forcément on trouve un public. L'égocentrisme est très différent : on fait pivoter le monde autour d'un axe qui passe sa personne, et ça c'est nocif. L'égoïsme est très important pour l'art, parce qu'il implique une forme de respect de soi, qui devient un respect pour son public. Le public respecte cette forme de détachement chez IAM, de rectitude dans les moments de clame, de succès, comme dans les moments de tempête. Globalement, c'est un groupe qui maintient le cap.
Shurik'N : Il y a un ciment qui maintient tout ça en place, c'est le fait qu'on soit des amis avant que le contexte musical rentre en ligne de compte. Aussi, à l'intérieur, malgré les divergences d'opinion, les sous-ensembles continuent de regarder dans la même direction. Si pendant les solos, on avait pris des directions vraiment différentes, je pense qu'on aurait pas pu se retrouver en groupe après.

Cet album, on l'a compris, souligne les fondamentaux de la culture Hip Hop. Le Hip Hop est-il menacé selon vous ?
Shurik'N : Bizarrement, elle est à la fois menacée, et toujours en vie, parce qu'elle ts récupérée. On en récupère que la surface, c'est-à-dire les bénéficies de ce que les différents arts de cette culture peuvent ramener, mais par contre, l'essence de cette culture, les vrais acteurs de cette culture, sont vraiment mis de côté. C'est comme on dit toujours : tu prends des jeunes, tu les habilles comme maintenant, tu leur fais faire des chorégraphies soi-disant comme maintenant, pour leur faire chanter des tubes d'il y a 50 ans. On prend les critères de la musique la plus écoutée en France, parce qu'on sait que ça va ramener les bénéfices derrière, mais on ne prend surtout pas l'essence de cette musique, de peur que ça ramène les activistes de cette musique, qui sont souvent des gens pas issus du bon milieu …
Imothep : Il ne faut pas prendre ce qu'on nous renvoie dans LE média -parce qu'en France, on a une radio rap et une télé rap, et j'exagère à peine- pour la réalité du Hip Hop français. De même qu'aux Etats-Unis, il ne faut pas prendre 50Cent et Eminem pour la totalité du rap US. Il y a un phénomène de récupération commerciale : on choisit de mettre la lumière sur un ou deux styles de rap qui marchent bien, type Gangsta et Dirty South, qui finalement ne dérangent personnes parce qu'ils sont politiquement corrects. Ca ne représente pas la richesse, la diversité et la créativité du mouvement Hip Hop en général. C'est une éducation des consommateurs, des fans et des auditeurs, c'est à eux d'aller sur le net, d'aller sur des forums spé, sur des Myspace pour se tenir au courant. Y'a des choses énormes qui se passent aux States en terme de rap indé, il suffit de mettre le doigt dedans pour s'apercevoir que c'est énorme.

Un seul featuring sur cet album, Jehro, ça détonne par rapport au précédent qui débordait de guests (Beyonce, Method Man & Redman, etc.). Une explication ?
Imhotep : Pur hasard. On voulait faire un featuring avec James (Brown), le parrain, l'icône. On avait demandé à rentrer en contact avec Damian Marley, on avait comme ça 2 - 3 pistes, mais qui n'ont pas pas se faire pour des raisons diverses. Otant pis, ça n'enlève rien à l'album, on ne fait pas de feats à tout prix. A chaque fois, ça correspond à une envie, à une rencontre. Ca se justifie si ça apporte quelque chose au morceau.
Akh : Vus les délais très courts, honnêtement, c'était quasiment impossible d'aboutir. Si les featurings se font, ils se feront plus tard, sur des morceaux inédits.

« Rap de droite », un nouveau morceau pavé dans la marre ?
Akh : C'est un pavé dans la mare d'une certaine forme de variété du rap. L'argumentaire de ce rap-là est formaté pour plaire aux plus jeunes. Il défend des valeurs qui sont aux antipodes des origines du Hip Hop. Il n'y a pas de rap de gauche ou de rap de droite, mais il y a des valeurs pour le Hip Hop, qui sont c'est vrai globalement des valeurs de gauche. Tout simplement : la condition féminine, l'exhibition des armes, l'exhibition de l'argent, le fait de marcher sur ceux qui te ressemblent pour réussir sont des valeurs qui ne sont des valeurs proches du rap du début. A la limite, la mode du bling-bling, c'est pas plus grave qu'ils pratiquent, s'ils assument. C'est le double discours qui me dérange : « Je suis méchant, j'ai des armes, je suis un bad boy », et d'un autre côté « Je suis un rebelle ». Ca, c'est des trucs qui ne peuvent pas s'accorder. Dans le rap, il ne fat pas confondre « violence » et « rébellion ». C'est 2 trucs très différents. Et il y a des remarques racistes. Et c'est pas que dans le mainstream : je reçois des maquettes d'indés, et il y a une profusion de confusions qui font peur. Et tu te dis que le rap est à l'image de la société, avec des gens cools, des gens cons. Des gens très ouverts, très tolérants, et des fachos. Le rap est devenu une musique de masse. Quand on parle de ce texte, « Rap de droite », on le conjugue avec le pronom personnel « on », parce qu'on estime être embarqué dans un système dans lequel on doit se dédouaner de nos clichés chaque fois qu'on est invité dans des émissions de télévision ou à parler dans des grands quotidiens nationaux.

A l'époque, vous aviez fait une grande campagne d'inscription sur les listes électorales dans les quartiers de Marseille. Aujourd'hui, comment vous appréhendez ces échéances ?
Akh : Avec inquiétude, parce que je pense que le résultat risque d'être tragique. S'inscrire, c'est bien ; écouter les programmes des candidats, c'est mieux. Quand tu écoutes des candidats comme Sarkozy, qui parle de « gênes de la délinquance », qui raconte qu'on peut déceler chez les enfants de 3 ans s'ils vont être des délinquants ou pas, c'est du nazisme. Ni plus, ni moins. Et quand il y en a un qui remet une couche derrière et qui dit : « Sarkozy, le candidat de l'immigration », je traduis ça par : « Proposer les idées de Sarkozy, mais encore plus blanc que lui ». Si vous pouvez lire le fascicule de Banlieues Actives, compilé par Rost, il y a une des réponses de Jean-Marie Le Pen à une des questions qui dit : « Le travail rend libre ». C'est la traduction allemande de ce qu'il y avait marqué à l'entrée des camps de concentration, notamment à Dachau.
Imothep : Il faudra que Jean-Marie pense à reverser les droits d'auteurs à Adolphe … Je trouve ça ahurissant que la gauche, après le 21 Avril dernier, n'ait pas réussie à se mettre d(‘accord pour proposer quelque chose de cohérent. La seule candidate de gauche qui a parlé de l'union, ou de se mettre d'accord un minimum sur une base de départ, c'est Marie-George Buffet. Malheureusement, elle n'a pas été suivie. Les écolos, José Bové et Voynet qui ne sont pas ensemble, je trouve ça hallucinant. On se retrouve avec un tas de candidats de gauche alors qu'on a déjà été traumatisé par un 21 Avril, ça fait partie des choses que je ne comprends pas. Mis à part ça, je pense que c'est l'échec d'une certaine forme de démocratie, où on s'est fait confisquer le débat par les médias. La démocratie participative, de proximité n'était pas déjà au top en France, et ça s'arrange pas. Il faut qu'il y ait une évolution dans les mentalités qui va être nécessaire, et je pense qu'il va falloir revoir les structures de notre démocratie. Ce système de présidentielle, hérité de la monarchie, il faudra penser à le guillotiner ou alors sinon, il va falloir reprendre l'Opéra Bastille (rires) ! Au bout du compte, plus que pour un Président, il faudrait voter pour des ministres ! José Bové à l'agriculture, Arlette Laguiller au social, on confie des missions à des gens dont c'est le cheval de bataille, et on voit ce que ça donne un an après. Il faut qu'on arrêt de voter pour des marionnettes, alors qu'on ne sait même pas qui elles vont mettre comme ministres après. On sait très bien qu'ils ne vont pas remettre en question ce qui a besoin de changer dans notre société. Si on veut que la démocratie reprenne un peu de son sens, il y a un grand coup de balai à donner, y compris dans nos institutions. Ceci dit, on est mal barré. On va être obligé de voter « utile », on s'est fait confisquer le débat … Il faut éviter un 21 Avril bis.
Akh : Le pire, c'est qu'on a des exemples sous les yeux, et qu'on va réitérer ces exemples là. Un message à tous mes amis qui charrient l'Italie sur Berlusconi : honnêtement, on est des rigolos en Italie. Berlusconi, c'est un mec du PS à côté de Sarkozy. On est en train de faire un concours de longueur de b*te de qui est le plus facho de tous, entre Sarkozy, De Villiers, Le Pen, c'est dramatique. Et aussi, quand tu as des gens comme Roger Hanin qui arrive à la télé et qui dit : « On sait qui sont les racailles, c'est les Noirs et les Arabes » … Il y a une liberté de ton fascisante à la télé française qu'il n'y aurait jamais eu il y a une dizaine d'années.
Shurik'N : Si effectivement c'est ce qu'il a dit, des choses comme ça devraient être condamnées. Si tu te permets de dire des choses comme ça à la télé, je suis désolé, mais il doit y avoir une sanction, et le pire, c'est que tu le retrouves encore à 20h30. Là encore, il y a double vitesse. Tu peux médire sur certains, mais sur d'autres, tu ne peux rien dire.
Akh : Je vais dire un truc sur la télé : « La bite de Pascal Sevran est responsable de la merde musicale qu'on entend depuis des années » (rires) !


Propos recueillis par Raphal
www.fumigene.net

Mercredi 20 Juin 2007

Actualités | Rencontres | Le saviez-vous?


La guerre des boutons

A 30 ans, mon corps oscille allègrement entre la jeunesse et la vieillesse : Acné et cheveux blancs ? Je croyais que c’était incompatible, anachronique même! A l’âge où les gens remarquent leurs premières rides, moi je guette encore les boutons. Je viens tout logiquement vous parler des crèmes sur le marché. J’ai testé pour vous (enfin d’abord pour moi) quelque uns des produits les plus connus : Vichy Normaderm, Ducray Keracnyl, Bioderma Sébium AI et Avène Triacnéal.

La guerre des boutons
Bioderma sébium AI : La gamme bioderma est parfaite pour les peaux sensibles et/ou allergiques. Mais justement, peut-être trop douce pour soigner des imperfections. Douce et légère à l’application. Je n’ai pas vu d’effet sur les boutons, elle est toutefois assez hydratante. Mais ce n’était pas ce que je recherchais !



12/12/2010

Noël solidaire

A l’occasion des fêtes de fin d'année, faites un geste solidaire et généreux en décorant votre sapin avec la boule de Noël de la nouvelle collection Unicef.

Noël solidaire
Cette boule en verre soufflé est peinte de l’intérieur par des artisans, grâce à une ancestrale technique chinoise. Les dessins sont exclusivement élaborés pour l’UNICEF. Elle est livrée dans sa boite cadeau.


Nadia Hathroubi-Safsaf
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La cause des femmes est-elle en régression ?