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Les drôles de dames version maghrébine
Elles s’appellent Rachida, Nadia, Samia, Amelle, Soraya, Sophia, elles sont humoristes et elles racontent à leur manière et sans tabous les rapports hommes-femmes, la société, le racisme…
Portraits de ces drôles de dames, des plus célèbres aux talents de demain.
La vie rêvée de RACHIDA KHALIL
Chouchou des plateaux télé, Rachida Khalil a longtemps occupé avantageusement le terrain vierge de l’humour maghrébin au féminin. C’est parce qu’elle considère que “faire rire reste la meilleure arme pour lutter contre toute forme d’injustice” qu’elle se lance dans le one-woman-show. Rachida Khalil est née en 1973 à R’chida, un village isolé des montagnes du Rif marocain. Elle a 5 ans quand elle arrive en France avec sa famille. Elle l’avoue elle-même, c’est un véritable choc culturel, notamment quand elle découvre l’électricité.
Elle grandit à Mantes-la-Ville où elle se passionne pour le théâtre. A 16 ans, craignant un mariage forcé, elle fuit sa famille et décide de vivre de sa passion. Elle fonde alors la compagnie Shéhérazade. A 22 ans, elle écrit et interprète son premier one-woman-show, Sept chiennes de vie, qui lui ouvre les portes du cinéma où elle obtient le premier rôle dans le long-métrage de Mahmoud Zemmouri, 100 % Arabica.
C’est sa rencontre, en 2004, avec Guy Bedos qui va sceller son destin d’humoriste. Il lui offre deux sketches. La Vie rêvée de Fatna peut prendre forme. Elle y dénonce la condition de la femme arabe, ou plus généralement celle des femmes. On y retrouve des personnages hauts en couleur : Karima, la Beurette qui se rêve actrice, Fatna, la tante restée au pays, victime des traditions, et Sophie, la voisine raciste. Chacune, à travers son histoire, raconte sa vision de la vie.
Joué au théâtre du Splendid, le spectacle remporte un franc succès. Egalement présenté au Maroc, il est plutôt bien accueilli. Une fierté pour celle qui est traitée sur les sites communautaires de “vendue” et autre “francisée”, ses détracteurs lui reprochant de “salir” l’islam.
Si Rachida Khalil ne cache pas ses positions contre le voile, elle affirme ne pas chercher la provocation, mais au contraire à susciter le dialogue, le débat. Pour cette artiste engagée, “rien de bon ne peut sortir du repli communautaire”. C’est pourquoi elle participe volontiers aux galas de SOS-Racisme et de l’association Ni putes ni Soumises, dont elle est la marraine. En 2009, elle revient avec un nouveau spectacle L'odysée de ta race, elle y aborde des sujets sensibles comme le port du voile, la difficulté d'être française et marocaine, le regard porté sur les musulmans depuis le 11 septembre...
Elle a signé en 2008 son premier roman, Le sentier de l’ignorance. “Presque” autobiographique, il raconte le parcours initiatique d’une petite fille marocaine dont le destin semblait tracé à la naissance, mais qui se rebelle. Toute ressemblance avec une personne existante…
SORAYA GARI, la comique qui (dé)monte
Une autre Franco-Marocaine explose en ce moment sur les planches et fait un carton sur le net avec ses vidéos parodiques de Tata Khadija. Il s’agit de Soraya Gari, une humoriste de 28 ans, née à Nador, d’une mère française et d’un père marocain. Elle passe une partie de son enfance au Maroc, puis à 15 ans, elle est envoyée dans un internat en Suisse pour terminer ses études. Elle y découvre la culture européenne : “C’est là-bas que j’ai fumé ma première clope, c’était vraiment une autre dimension.” Elle y gagne une réputation de fille drôle. A 17 ans, elle tente en dilettante HEC Lausanne : “Je croyais que c’était comme au Maroc, que mon père pourrait négocier mon admission”, raconte-t-elle, hilare.
Mariée depuis onze ans à un Marocain originaire comme elle de Nador, elle tient à préciser, pince-sans-rire, que cette union n’avait rien de forcé. “Dès que je dis que me suis mariée à 17 ans, on croit que c’est sur la volonté de mes parents. Ce cliché m’énerve, même si en même temps, ça me fait rire.”
Ce sont sa belle-famille et son mari qui la poussent à exploiter son don pour la comédie. “A chaque fois qu’on se retrouvait en famille, je me déguisais, je faisais le clown, et mes beaux-parents me disaient :‘Si pas poussible, ti es trop drôle !’”. Comme elle se voyait mal “finir dans un bureau, entre quatre murs”, elle présente son premier one-woman-show en 2007 au Théâtre Trévise. Puis les choses s’accélèrent : une tournée en Belgique, des salles comme le Splendid, le Réservoir. C’est en couple et avec sa petite fille Rhania qu’elle se déplace de festival en festival depuis les Yvelines où elle réside désormais.
Son premier spectacle, Le Soraya en scène, frappe là où ça fait mal. Tous les clichés acculés sur les Maghrébins y passent. “Je voulais donner ma vision”, avoue-t-elle. Kader cherche un emploi de ministre tandis que Khadija, la maman, court désespérément après un mari pour sa fille. Entre deux voitures brûlées, on y parle du bled et de la différence entre ici et là-bas.
A l’instar de Rachida Khalil, elle compte mettre sa notoriété naissante au service de son engagement associatif. Emue par les images de l’offensive menée à Gaza, et notamment par le sort des plus jeunes, elle a monté un spectacle en faveur des enfants victimes de la guerre. Les fonds récoltés ont été intégralement versés au Secours islamique et au Secours populaire.
Vous pouvez la retrouver sur scène, avec son nouveau spectacle 100% Tata Khadija.
AMELLE CHAHBI : la star du stand-up, mais pas que
Voler en solo, c’est le rêve de toute actrice, mais apparemment pas celui d’Amelle Chahbi qui se complaît au sein du Jamel Comedy Club, dont c’est l’une des rares demoiselles. La jeune femme d’origine marocaine y joue chaque vendredi et samedi. Danseuse, comédienne, chroniqueuse et reine du stand-up, cette brunette toute fine cumule les talents.
D’abord étudiante, puis apprentie danseuse, elle fait ses classes comme chroniqueuse météo sur Canal Plus à l’époque de l’Hyper Show de Frédéric Beigbeder. Elle y rencontre Thomas Ngijol qui lui propose de rejoindre sa bande et de faire du stand-up. Ensemble, ils montent les Barres de rires au théâtre de Ménilmontant, avec à leurs côtés Patson, Fabrice Eboué, etc. Kader Aoun, le coauteur de Jamel, les y repère et leur propose d’intégrer le Jamel Comedy Club. Elle rejoint un temps l’équipe des Agités du bocal, sur France 4, où elle anime un JT décalé dans la peau de Kalthoum Zouzou, une grand-mère du bled “en robe orange ou vert fluo qui donnait son avis sur tout. Je m’y suis beaucoup amusée !”, se souvient avec nostalgie Amelle.
Pendant quelques mois, avec l’aide de Fabrice Eboué, elle s’est attelée à l’écriture de son premier spectacle solo dont elle avoue avoir “testé les vannes au fur et à mesure”. Vous avez pu l'apercevoir fin 2009, à l’affiche du film Les barons de Nabil Ben Yadir, avec Nader Boussandel, Edouard Baer et Julien Courbey où elle campe une journaliste télé. Pour s’imprégner du rôle, elle s’est “retrouvée en stage auprès de Mélissa Theuriau (la femme de Jamel) sur Zone interdite. Une chouette expérience !”
Elle est actuellement à l'affiche Amour sur place ou à emporter , une histoire d'amour compliquée entre Noom un banlieusard radin, qui vit chez ses parents, et qui a pour seule ambition de passer manager chez Mc Do et Amelle, une parisienne indépendant qui rêve de romantisme..
SAMIA : le rire 100 % halal
Quoi de commun entre Soraya Gari et Samia ? Elles se sont croisées dans l’Oriental Comic, un concept imaginé par Samia et Nabil. Un spectacle certifié halal et présenté comme “un show sans vulgarité, mais 100 % délire avec les talents d’aujourd’hui et un zeste de chaleur orientale”.
L’originalité de Samia : son voile porté en bandana, même sur scène. A 29 ans, cette jeune femme d’origine tunisienne aime contredire les stéréotypes. “On peut être voilée et avoir une vie sociale. J’en ai assez d’entendre que les femmes voilées sont incultes. Nous sommes des femmes comme les autres, avec des choses à dire.” C’est au collège, en sixième, en classe de français, qu’elle découvre le théâtre. Séduite, elle s’inscrit au cours optionnel et continuera tout au long de sa scolarité, jusqu’au bac. Décidée à vivre sa passion, elle passe les examens pour entrer au conservatoire de Paris “d’arrondissement”, précise-t-elle. Elle y restera deux ans.
Pour cette avant-dernière d’une fratrie de six enfants, le plus difficile est de convaincre ses parents : “J’ai moi-même encore du mal à concevoir que le théâtre soit un métier. On me paie alors que je viens me faire plaisir sur scène. Je me dis juste que c’est incroyable !”
D’ailleurs, Samia conserve toujours son activité professionnelle de nounou qu’elle exerce dans les beaux quartiers de Paris. Un choc culturel pour cette Clichoise, qui alimente ses sketches. Elle cartonne avec son nouveau plateau d'humoriste, Samia et les 40 comiques.
NADIA ROZ : la vie en fuchsia
Elle aussi enchaîne avec brio les personnages. Dans Mon premier one-girl-show, la jeune Nadia Roz se transforme tour à tour en fée Fuchsia, une intermittente du spectacle qui anime des goûters pour enfants alors qu’elle les déteste, en ministre en visite dans les cités, ou encore en coach sportif. Seul point commun entre ces personnages si différents, l’omniprésence du rose fuchsia. “Le rose est ma couleur fétiche. Il fait partie de mon personnage, à la ville comme sur scène. C’est un peu neuneu, mais j’assume. D’ailleurs, lorsque j’étais petite, ma cousine m’appelait Nadia Rose”, lâche la jeune femme qui s’est inspirée de ce souvenir d’enfance pour trouver son nom de scène.
“A l’origine, la fée Fuchsia avait également été inventée pour amuser mes petits cousins ; elle est un peu cruelle comme les enfants qui aiment jouer à se faire peur”, explique-t-elle. C’est à Colombes où elle a grandi que, vers 8-9 ans, elle fait ses premières armes sur les planches avec la Cave à théâtre, une petite troupe locale animée par Mariana Araoz. Ensuite, elle déménage à Nice, où elle prend des cours de café-théâtre au Bouff’ Scène qui accueille de nombreux jeunes humoristes.
De retour en région parisienne, elle retrouve Mariana, devenue entre-temps un metteur en scène reconnu. De la complicité entre les deux femmes va naître un spectacle à sketches qui sera présenté sur les scènes ouvertes parisiennes, Le Théâtre Trévise, le Chinchman Comedy Club, La Main d’Or. “J’ai rodé tous mes sketches devant le public et j’en ai retenu sept pour composer mon one-girl-show.” Le succès est au rendez-vous et Nadia Roz fera même son entrée à l’Olympia en devenant finaliste, dans la catégorie jeunes talents, du festival de Paris en mars 2008. Vous pourrez la retrouver sur scène tous les jeudi et vendredi avec son spectacle remanié One Roz
SOPHIA ARAM : la fausse petite fille sage
Avec sa “gueule d’ange”, on lui donnerait le bon dieu sans confession, et pourtant Sophia Aram manie comme personne l’humour noir. Après des études d’anthropologie, elle se met à l’écriture de plusieurs programmes, notamment avec La Boîte 2 Prod, filiale d’Endemol. Puis cette ambitieuse décide de gravir les échelons : elle téléphone à Endemol et leur fait savoir qu’elle veut travailler avec Arthur. Pari réussi. Moins de trois mois plus tard, elle co-présente avec lui l’émission CIA puis anime la rubrique Internet des Enfants de la télé.
Devenue maman, c’est en sortant d’une réunion parents-profs qu’elle décide d’écrire son premier spectacle : “J’ai halluciné en voyant ce qu’étaient devenus les parents d’aujourd’hui. On a moins d’enfants, mais on les a plus tard, et ça se traduit par une pression folle sur les enseignants. Les réunions de maternelle sont surréalistes.”
Co-écrit avec son compagnon Benoît Cambillard, Du plomb dans la tête plonge le spectateur dans une cellule psychologique mise en place dans une école après le suicide d’une l’institutrice à la suite des commentaires des parents d’élèves. Entre la psy québécoise, le gardien d’école, la directrice psycho-rigide, la maman mytho, Sophia Aram réussit à 35 ans le tour de force de camper une dizaine de personnages. Sa performance est saluée par la critique et elle a reçu de nombreuses récompenses, dont notamment le prix Talent Fnac et le prix du festival Juste pour rire de Nantes.
Nadia Hathroubi-Safsaf
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La guerre des boutons
A 30 ans, mon corps oscille allègrement entre la jeunesse et la vieillesse : Acné et cheveux blancs ? Je croyais que c’était incompatible, anachronique même! A l’âge où les gens remarquent leurs premières rides, moi je guette encore les boutons. Je viens tout logiquement vous parler des crèmes sur le marché. J’ai testé pour vous (enfin d’abord pour moi) quelque uns des produits les plus connus : Vichy Normaderm, Ducray Keracnyl, Bioderma Sébium AI et Avène Triacnéal.
Bioderma sébium AI : La gamme bioderma est parfaite pour les peaux sensibles et/ou allergiques. Mais justement, peut-être trop douce pour soigner des imperfections. Douce et légère à l’application. Je n’ai pas vu d’effet sur les boutons, elle est toutefois assez hydratante. Mais ce n’était pas ce que je recherchais !
12/12/2010
Noël solidaire
A l’occasion des fêtes de fin d'année, faites un geste solidaire et généreux en décorant votre sapin avec la boule de Noël de la nouvelle collection Unicef.
Cette boule en verre soufflé est peinte de l’intérieur par des artisans, grâce à une ancestrale technique chinoise. Les dessins sont exclusivement élaborés pour l’UNICEF. Elle est livrée dans sa boite cadeau.
Nadia Hathroubi-Safsaf
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