'Oubliez-moi' par Abderrezak Besseghir



'Oubliez-moi' par Abderrezak Besseghir
Je ne connais personne. Je n’ai pas de pouvoir particulier et ne suis membre d’aucun réseau d’influence. Les médias ont failli briser ma vie. Aujourd'hui, ils sont pourtant mon unique recours si je veux continuer à vivre en paix. Et encore, je sais bien que nous ne sommes pas égaux devant l’accès aux médias.

On me connaît comme le "bagagiste de Roissy", victime d'un fait-divers qui a défrayé la chronique au jour de l’an 2002. A l'époque, policiers, magistrats -et journalistes, la chambre d’écho des deux autres corporations- m'avaient unanimement accusé de préparer un attentat terroriste dans l'aéroport où j'étais employé.

A en croire ce trio infernal, depuis le 11 septembre 2001, faire ses cinq prières par jour -l’équivalent pour un catho de la messe du dimanche- est devenu une circonstance aggravante pour un musulman suspect de terrorisme.

Au moment de l'affaire, ma famille a dû s'exprimer dans les médias pour contredire les inepties énoncées par les "enquêteurs", et relayées, sans aucune vérification, par des journalistes. Nous avons dû laver notre honneur en concédant quelques -rares- interviews à des médias qui pourtant ne nous avaient pas épargnés.

Vivre heureux, vivre caché

Aujourd’hui, après plusieurs années très difficiles, j’ai repris mon travail. J’essaie donc de me faire oublier et jusqu’à présent j'y suis parvenu. De temps à autres, des journalistes ou des producteurs viennent s'informer auprès de mon entourage pour savoir si j'accepte de collaborer à une adaptation filmée de mon histoire. Bien évidemment, je ne donne aucune suite. Pour vivre heureux, vivons caché.

Si par ce texte, je m'expose à nouveau, c'est uniquement pour couper court aux pressions que certains croient légitimes d'exercer sur moi. "Faites entrer l’accusé", programme diffusée sur une chaîne publique, me harcèle -ainsi que mes proches- afin que nous participions à l'une de leurs émissions. En ce qui me concerne, c'est un devoir de mémoire malsain.

Mais l’équipe qui travaille sur ce programme n'est pas du même avis. Excédés par mes refus catégoriques, ses journalistes ont haussé le ton: "Que vous participiez ou pas, nous la ferons, cette émission!"

Le fait que ni moi ni mes proches ne donnions notre version des faits ne les arrêtera pas. A les entendre, je n’ai pas le choix. Je suis forcé de jouer le jeu des médias. Parce que, me dit-on, "tous les protagonistes vont s’exprimer". Y compris les personnes qui ont placé des armes de guerre et des explosifs dans le coffre de ma voiture pour me faire accuser. Me voilà cerné.

Sommé de se mettre au service de l'audimat

Ainsi la calomnie n’aura pas suffi. Alors que je commence tout juste à retrouver un semblant d'équilibre, me voilà sommé, à nouveau, de m'expliquer aux micros de France 2. De me mettre au service de l'audimat. Si je ne contribue pas à l'émission? On m'aura prévenu: les autres, tous les autres, eux, s'exprimeront... On marche sur la tête.

Qui osera accuser Christophe Hondelatte de faire du sensationnalisme à peu de frais? Certainement pas les journalistes spécialisés dans les faits-divers, pourtant les mieux à même de comprendre ce que j'ai enduré. Ces derniers sont régulièrement invités dans l'émission pour commenter les affaires qu'ils ont -brillament, cela va sans dire!- couvertes dans leurs propres médias. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur les choix des affaires et les coulisses de la préparation de cette émission que les critiques de télé ont décidé d’épargner à jamais.

Quant à moi, n’est-ce pas mon droit le plus élémentaire que de décider de ce qui est bien pour moi et pour mon fils? Car lorsque Christophe Hondelatte aura remonté le col de sa veste en cuir, que le téléspectateur aura éteint son poste, ma famille et moi, nous aurons à nouveau à supporter le regard des autres. Un regard toujours pesant, qu'il soit soupçonneux ou compatissant.

Hondelatte connaît pourtant les questions d'atteinte à l'intimité

Christophe Hondelatte le sait, lui dont la pudeur est telle qu'il a quitté la présentation du journal de 13h00 le jour même où Libération a évoqué son intimité dans un portrait de dernière page. Qui mieux que lui peut comprendre le désir de se faire oublier? Ne sait-il pas, d'ailleurs, épargner certaines victimes de faits-divers, quand celles-ci pourraient faire de l'ombre à sa carrière?

Dominique Baudis, pris dans la tourmente de l'affaire Allègre, n'a jamais eu besoin de faire valoir un légitime droit à l'oubli. On imagine difficilement un "Faites entrer l’accusé" avec en guest star l’ancien maire de Toulouse... Sans doute une question de réseau.

Je vous prie de m’oublier et je souhaite que la chaîne censée être au service du public (dont je fais partie) ne produise pas et ne diffuse encore moins le reportage qui est fait sur ma vie.

J’aimerais aussi que l’éditeur Michel Laffont cesse de vouloir faire de ma vie un film en me harcelant pour vendre les droits du livre paru au sujet de mon histoire.

Je vous demande sincèrement, quitte à vous supplier, le droit à l’oubli, laissez moi vivre en paix!

S’il vous plaît oubliez moi!

Vendredi 15 Février 2008

Commentaires articles

1.Posté par jean le 12/05/2010 13:57
Je suis de tout coeur avec vous! Le système n'a qu'un objectif c'est de nous exploiter pour en tirer le plus de bénéfice possible... En l'occurence si un réalisateur faisait une émission sur vous, ce serait pour gagner de l'argent! Mais vous n'en tireriez aucun bénéfice.

Je ne crois plus du tout aux systèmes, qu'ils soient politiques, financiers, militaires, religieux, philosophiques ou autres... Comme vous dites: vivons cachés pour vivre heureux. Et si, parfois ou détour d'une rue ou d'internet, nous pouvons échanger quelques mots alors c'est bien. Juste quelques mots de temps en temps en attendant de faire sa révérence.

Bon courage à vous et à votre entourage.


2.Posté par July C. (Gabriel Faure) le 17/08/2010 23:21
Pour avoir été ta voisine depuis plusieurs années durant, je ne t'ai jamais adressé la parole, je connaissais ta soeur, ton frère... Je t'ai croisé un certains nombre de fois, mais je ne t'ai jamais abordé.... Justement pour te laisser en paix.
Même si la curiosité parfois m'envahissait, savoir ce qui devenait de cette histoire, tu portais déjà sur tes épaules et à travers ton regard, quelque chose de lourd, de difficile se voyait.

J'espère que la vie "d'anonyme" te reviendra de droit.

July c.

3.Posté par Au nom de ton ex femme le 03/11/2010 07:09
C'est émouvant de te voir pleurnicher sur ton sort .......... mais qui pleure celui de ton ex femme ??

C'est révoltant de constater que tu fais mine d'oublier ce fameux jour ........

Alors réponds nous :

La mort de ta femme ......... accident ou suicide ???

Tu t'ai enfin décidé ???

ASSASSIN.

4.Posté par omar le 14/01/2012 09:11
mais vous êtes vraiment un terroriste tu à déjà tué ta femme
et tes sœurs sont des putes

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A 30 ans, mon corps oscille allègrement entre la jeunesse et la vieillesse : Acné et cheveux blancs ? Je croyais que c’était incompatible, anachronique même! A l’âge où les gens remarquent leurs premières rides, moi je guette encore les boutons. Je viens tout logiquement vous parler des crèmes sur le marché. J’ai testé pour vous (enfin d’abord pour moi) quelque uns des produits les plus connus : Vichy Normaderm, Ducray Keracnyl, Bioderma Sébium AI et Avène Triacnéal.

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12/12/2010

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